L’Araignée « JePeuxPas »


Il était une fois,
Une petite arraignée, aux yeux grands, qui s’efforçait de tisser une toile, le long d’un lampadaire. Des débris de toile étaient laisés par ici et par là mais aucune toile n’était encore finie.
Toute arraignée sait que le matin, au lever du soleil, lorsque le lampadaire s’éteigne, il est temps de dormir ou de se relaxer. Et le soir, lorsque le lampadaire s’allume, chaque arraignée se réveille, ramasse sa vieille toile et fait des gateux ronds avec les fils. Ensuite, elle mange les gateaux avec gourmandise et commence, pleine d’énergie, à tisser une nouvelle toile.
Mais la petite araignée aux yeux grands, se plaignait ( ?) pleurnichait tout le temps.
Lorsqu’elle devai ramasser les fils pour en faire des gateaux, elle pleurait :
– Oh c’est trop difficile pour moi ! Je ne peux pas !!!
Lorsqu’elle avait des devoirs pour l’école, créer un colage de feuilles avec des fils et des perles de rosée, ou bien faire des calculs avec les fils de plusieurs toiles, elle devenait encore plus petite et se lamentait :
– Oh c’est trop dur (difficile) pour moi ! Je ne peux pas !!!
Lorsque le soir tombait (à la tombée du soir ?) et qu’il était le temps de fabriquer de nouveaux fils et les coller pour tisser sa toile, elle recommençait à pleurer :
– Oh c’est trop difficile pour moi ! Je ne peux pas !!!
Dès lors, son nom est resté l’Arraignée « JePeuxPas ».
Elle se recroquevillait comme une boule grognante (boule boudant) au milieu de ses huit pieds longs et ne bougeait plus. Seulement ses grands yeux mouillés tournaient en rond (tout autour) comme deux billes noires, suivant (guettant) les toiles parfaites des autres arraignées.
Et le matin la trouvait accrochée à un amas de fils (à un craboucinana ?? de fils).
Finalement, elle se débarassait des fils cassés, tournait le dos au morceau de toile incomplète (pas finie) et s’en allait plus loin sur le lampadaire.
L’arraignée « JePeuxPas » était une arraignée très pensive et donc elle réfléchissait tout le temps comment faire pour tisser une toile toute seule, il lui semblait impossible !
Elle pensa demander à ses parents ou à ses amis de la faire pour elle mais aucune arraignée n’a le droit de tisser la toile d’une autre arraignée ! C’est une règle connue par toutes les arraignées !
Elle pensa ensuite renoncer à la toile, finalement elle pouvait habiter ailleurs ! Elle avait entendu que d’autres arraignées habitaient dans les arbres, sur l’eau, sur la terre ou même dans les maisons des humains et elles n’avaient pas besoin d’une toile. Mais ici, sur le lampadaire, personne n’avait vu une arraignée sans une toile maison.
Elle pensa même à voler la toile d’une autre arraignée ! Elle guetta pendant des heures et des heures une arraignée tissant sa toile, attendant qu’elle soit prête et la lui voler quand elle ne faisait pas attention ( ??). Mais elle s’est rappellé qu’aucune toile ne peut soutenir une arraignée si elle n’est pas tissée par elle-même.
Avec toutes ses pensées, elle se balançait inquiète sur deux fils qu’elle avait à peine réussi à entremêler.
L’arraignée courrier qui venait de passer par là, trébucha sur un reste de toile.
– Oh mais qui a laissé traîner cette toile incomplète (pas finie) ? Quand il regarda mieux, il observa plein de toiles commencées mais aucune finie, flottant partout sur le lampadaire. Puis, il vit l’arraignée « JePeuxPas » se balançant pensive et s’approcha d’elle.
– Et si tu ne renonçais pas à la toile que tu commences ? Qu’est ce que tu ferais construire ?
L’arraignée « JePeuxPas », les yeux à mi fermés, répéta en chuchotant :
– Et si je ne renonçais pas, que ferais-je construire ? Et si je ne renonçais pas…
Et elle s’endormit dans la balançoire. Et pendant le sommeil, elle rêvait et souriait. Elle rêvait d’avoir réussi à tisser sa toile jusqu’au bout. Elle rêvait que sa toile était un château magnifique avec plein d’étages et une tour brillante au sommet du lampadaire.
Lorsqu’elle se réveilla le soir, ses yeux brillaient dans la nuit :
– Je sais ! Si je ne renonçais pas, je ferais construire un château de toile jusqu’au sommet du lampadaire !
Mais elle s’est vite rappellé qu’elle ne peut rien et elle commença à pleurer :
– C’est trop difficile !!! Commenrt puis-je construire une toile jusqu’en haut du lampadaire ? Il me faut tant de fils, c’est trop haut, c’est trop dur… Je ne peux pas !!!
L’arraignée courrier qui passait à nouveau par là, l’entendit pleurer et se mit à rire :
– Comment dire que tu ne peux pas si tu n’as même pas essayé ?
– Mais si ! J’ai vraiment essayé mais ça ne marche pas, je ne sais pas comment…
– As-tu essayé avec un plan ?
– Comment ça avec un plan ? demanda étonnée l’arraignée « JePeuxPas ».
– Tu ne peux arriver nulle part si tu ne décides où tu veux arriver et comment y arriver ! Et l’arraignée courrier fouilla dans son sac plein de lettres et fit sortir quelque chose.
– Tiens, une feuille et un bâton pour écrire ton plan.
– Mais comment écrire un plan ? Veux-tu le faire pour moi ?
– Hihi ! Qui veux-tu vivre à ta place ? Tu es le seul à savoir où arriver et tu es le seul à connaître comment y arriver !
Et le courrier partit en hâte pour emmener les lettres à destination.
L’arraignée « JePeuxPas » prit la feuille et le bâton et les regarda longuement. Puis répéta en chuchotant :
– Je suis le seul à savoir où je veux arriver ! Je suis le seul à savoir comment y arriver ! Mais où est-ce je veux arriver ? Qu’est-ce que c’est que je veux tisser ?
Elle leva les yeux vers (la pointe) du lampadaire qui semblait être si haut puis les baissa vers la feuille vide. Elle regarda tantôt le haut du lampadaire tantôt la feuille et se demanda à nouveau :
– Mais où est-ce que je veux arriver ? Qu’est ce que je veux tisser ?
Et petit à petit, elle commença à dessiner avec le bâton sur la feuille. Quand elle finit, elle leva la feuille et la regarda en souriant : c’était un magnifique château de toile d’arraignée !
– C’est ici où je veux arriver !
Et elle leva ses yeux grands et curieux vers le haut du lampadaire allumé qui semblait être maintenant plus près. Elle se voyait déjà sauter et éclater de rire sur le château de toile dans la lumière du lampadaire.
Elle était si impatiente de finir qu’elle commença tout de suite ! Elle jetait des fils dans tous les sens, les roulait, les tissait à grande vitesse, sautait de l’un à l’autre, on aurait dit une toupie à fils. Mais on ne sais pas pourquoi, tout ce qu’elle tissait se déchirait et il n’en restait plus que des fils cassés. Elle regardait perplexe les fils cassés et ne savait pas comment les réparer ou les coller. D’autres fils en sortaient de plus en plus vite et ne savait comment les contrôler ni quoi en faire.
Et plus elle bougeait plus vite, plus les fils s’entremêlaient, sautaient dans tous les sens, se cassaient, laissant derrière une toile à grands trous.
– Oh je n’arrive toujours pas ! Je sais ce que je veux mais je ne peux pas ! Elle se rétrécissait (devenait de plus en plus petite) et s’agrippait au seul fil qui restait.
L’arraignée courrier qui marchait le long du lampadaire, la vit pleurer, accrochée au fil.
– Une araignée ne fait jamais sa toile en hâte, ni à l’improviste (au hasard ?) ! Tisser sa propre toile, c’est un vrai art !
– Et comment je fais ?
– Tu trouves que c’est difficile car ton plan te semble trop grand et toi tu te crois trop petite.
– C’est très difficile…
– Dis-moi, peut-on manger un gâteau géant d’un coup ?
– Non… sauf si on le divise en petits morceaux.
– C’est exact ! Dans combien de morceaux peux-tu diviser (partager) ton plan afin qu’il t’apparaisse simple et facile à faire ? Et l’arraignée courier partit plus loin.
L’arraignée JePeuxPas prit à nouveau la feuille et la regarda longuement. C’était un plan très grand de tisser un château au sommet du lampadaire.
– Comment puis-je diviser tout afin qu’il devienne facile à accomplir ? se demanda-t-elle tout bas.
Et elle attendit ! Elle regarda tantôt en haut vers le lampadaire tantôt en bas vers la feuille, elle soupira et attendit. Jusqu’à ce qu’elle commença à écire :
– Mon plan c’est de tisser une toile château (un château de toile ?) jusqu’à l’aube.
– 1er Pas : je tisse un fil vers la gauche. 2ème pas : je tisse un fil à droite. 3ème pas : je fais un fil devant. 4ème pas : je les colle. 5ème pas : je tisse le fil pour l’étage. 6ème pas…
– C’est facile ! s’écriat-elle tout d’un coup en regardant le plan clair et simple !
Maintenant elle savait ce qu’elle devait faire ! Elle suivait chaque pas et elle bougeait si facilement, on aurait dit qu’elle danse !
Pas à pas, fil après fil, elle construisait étage après étage, ses pieds frémissaient d’impatience pendant qu’elle faisait les derniers nœuds.
Elle était presque arrivée au bout. Lorsque tout d’un coup, une tempête commença ! Le vent emporta sa toile et la roula autour du lampadaire.
– Oh, je travaille pour rien ! Je n’y arrive toujours pas !
Et elle en pleura tellement qu’on ne savait plus lesquelles étaient les gouttes de pluie et lesquelles ses larmes.
Le lendemain, à la tombée du soir, elle recommença encore plus pressée, espérant terminer (finir) une fois pour toutes ! Elle n’avait plus de patience, elle savait comment le faire, elle pouvait le faire, il n’y avait plus de temps à perdre !
Mais à peine eût-elle commencé à sortir les fils, qu’un moineau vola comme une flèche tout près d’elle, prsqu’à la toucher. L’araignée perdit l’équilibre et tombit sur le dos, en cassant sa toile !
– Méchants moineaux ! Je dois tout refaire !
Et comme par hasard, un moineau vola encore tout près, ensuite un autre et un autre. Ils gazouillaient, riaient et gonflaient sa toile en lui donnant le vertige (à l’arraignée).
– Méchants moineaux ! Criait-elle et recommençait.
Mais à peine eût-elle fini le premier étage qu’elle observa un parapluie emporté par le vent se dirigeant avec vitesse directement vers sa toile. Les yeux grands et effrayés, elle suivait le parapluie s’approcher de plus en plus. Et elle n’en croyait pas à ses yeux lorsque le parapluie s’enfonça directement dans sa toile en lui arrachant presque la moitié et la jetant sur le trottoir.
– Oh je dois tout recommencer !
Et quelle brouhaha ( ?) autour d’elle, des humains (des gens ?) pressés sur le chemin se dirigeant vers leurs maisons. Des claxons de voitures qui la faisait sauter et trouer sa toile. On aurait dit que le monde entier l’empêchait et la bloquait à tisser sa toile.
Les yeux grands et mouillés, les pieds immobiles, elle regadait passer les gens de mois en moins ( ??) s’en allant à leurs maisons.
Elle tourna ensuite ses yeux vers les fils cassés autour d’elle :
– Oh, je ne vais toujours pas bien dormir au matin…
Elle se blotissait au mieux dans le coin resté de fils, se balançait et se cognait à la vitre froide du lampadaire. Elle voyait son image dans le lampadaire et haussait la tête ( ??) :
– Je suis la seule arraignée sans toile…
Chaque soir, elle pleurait sur les débris de toile croyant que personne ne l’entend. Chaque soir, la lune brillait son morceau de toile tissue mais l’arraignée n’avait les yeux que pour ce qui n’était pas encore construit.
– Il manque quelque chose ! lui cria l’arraignée courrier qui passait par là (qui venait de passer par là ?)
– Que’est-ce qu’il manque encore ? Je sais ce que je veux construire, j’ai fait le plan avec les étapes (les pas ?), je sais comment mais je n’arrive toujours pas…
– Lorsque tu veux y arriver, rien et personne ne peut t’en empêcher !
– Si ! Regarde comme le vent me bloque et les moineaux et les parapluies, les voitures et les gens !
– Tu t’empêches toi-même car tu ne regardes que vers ce qui n’est pas encore construit ! Dis-moi est-ce que tu t’es arrêté pour observer ce que tu as construit jusqu’à maintenant ?
– Je ne sais pas… je crois que j’étais trop pressée de finir la toile au plus vite…
– C’est exact ! Tu te dépêchais et tu regardais seulement ce qui n’était pas encore construit ! Mais tu avais oublié de regarder et admirer tout ce que tu avais construit, chaque fil, chaque pas aussi petit fût-il ! Car n’oublie pas : plus tu est content et joyeux de ce que tu fais, plus tu deviens content et jeyeux !
La nuit suivante, l’arraignée a commencé à nouveau à travailler. Cette fois-ci, elle ne se dépêchait plus de finir. En fait, il lui vint une idée : à chaque fil tissu, à chaque nœud, elle s’arrêtait et annonçait :
– Pause de joie !
Ensuite elle ramassait une perle de rosée et la collait au bout du fil tissu.
– Encore une perle de joie ! respirait-elle contente et admirait sa toile pleine de perles de rosée. Et la toile devenait de plus en plus grande.
Quand la toile fût finie, elle installa la dernière perle de joie au sommet du château !
Et wow ses grands yeux noirs se remplirent de scientillements (d’étincelles) de joie : devant elle se dréssait un château géant de toile d’arraignée brillant dans la lumière du lampadaire.


Elle s’assit au milieu et commença à sauter comme sur une trampoline. Les perles de rosée sautaient en même temps qu’elle et lui tombaient sur la tête comme une pluie de joie !
Quand le matin fût là et le soleil se leva, l’arraignée n’arrivait pas à le croire : sa toile était comme une fenêtre ouverte vers le ciel !
Maintenant elle ne se sentait plus l’Arraignée « JePeuxPas » mais elle était devenue l’arraignée « JePeuxTout » car elle s’est rendu compte qu’elle ne tissait pas seulement des toiles d’arraignée mais des fenêtres de joie vers le ciel !
On dit que lorsqu’on a un rêve qui nous semble trop difficile, il suffit de nous arrêter devant une toile d’arraignée et lui chuchoter notre rêve. Car les toiles d’ arraignée sont des fenêtres qui attrapent les rêves des humaines et les envoient vers le ciel pour les accomplir !

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